La gauche, toute la gauche, rien que la gauche

Publié le par jean-paul Revauger

La gauche, toute la gauche, rien que la gauche.

Le rapport entre autogestion et marché et la relation  entre action politique classique et mobilisations sociétales ou sociales sont deux points essentiels.

Les expériences autogestionnaires concrètes ont toutes été confrontées à la réalité économique, peut être à l’exception de la guerre d’Espagne où les conditions étaient un peu particulières. Il n’y a pas de coopérative qui ne se préoccupe de vendre sa production sur le marché, ni de mutuelle qui n’ait une connaissance fine de la stratégie de ses concurrentes. Certaines institutions autogestionnaires, comme les coopératives agricoles des années 30, ont même été créées précisément pour aménager le marché et permettre aux producteurs de vivre mieux. Les coopératives de consommation, qui ont été à l’avant-garde de la  modernisation et de la massification du commerce (création de grands magasins à la fin du 19ème) comme les coopératives de production sont donc totalement insérées dans le marché. On pourrait presque dire par boutade que la forme la plus aboutie de coopérative, c’est l’auto-entrepreneur, ou l’artisan sans salarié : il choisit son rythme, ses méthodes, les seules  contraintes qui pèsent sur lui sont  celles du marché, des  normes  et de la fiscalité.

Le problème qui se pose avec la « deuxième gauche » n’est donc pas celui du rapport entre autogestion et marché, qui est historique, c’est son incapacité à penser le rapport entre marché et intérêt général, et sa soumission totale à la seule logique du marché et de ses thuriféraires. Timothée Duverger a raison d’évoquer le contexte de la guerre froide dans lequel cette funeste dérive a eu lieu, et de citer la curieuse notion de « société civile ». Le terme est né en Europe de l’Est, sans doute dans quelque sacristie polonaise, et désignait en fait tout ce qui n’était pas dominé par le parti/Etat : activités économiques, surtout dans un  pays comme la Pologne où l’agriculture n’était pas collectivisée-, vie religieuse en particulier là où les prélats n’étaient pas liés à l’appareil étatique, création artistique ou intellectuelle, dissidence politique et politico-syndicalo-religieuse avec Solidarnosc. Ce terme militant a permis d’unir tous ceux qui s’opposaient au Parti communiste, avec le succès que l’on sait. L’opposition entre » Etat totalitaire » et « reste de la société » ne correspondait à aucune réalité à l’Ouest,  et ne correspond d’ailleurs plus non plus à la réalité des pays post communistes, Russie ou Chine, où l’imbrication entre héritiers des Nomenklatura communistes et marché est totale.

Le rôle de l’Etat a été vilipendé pendant toutes les années 70 et 80 non seulement par les néo libéraux, mais par les pionniers du social libéralisme, aujourd’hui triomphant au sein du socialisme français. L’histoire a été dure avec ce pauvre Michel Rocard, roulé dans la farine par un Mitterrand qui le détestait, promu premier ministre pour mieux limer ses canines et banaliser son discours, alors même que les idées qu’il défendait sont devenues canoniques au sein du PS, après sa mort politique. Lui qui critiquait l’archaïsme de Mitterrand a terminé comme un trophée de chasse du mitterrandisme, une tête de sanglier sur le mur d’un troquet landais. Le projet néo libéral n’était nullement de limiter globalement le pouvoir de l’Etat, il n’y a jamais eu autant d’atteintes aux libertés publiques que sous ces régimes, mais au contraire d’utiliser celui-ci pour asseoir la domination sans partage du marché, au détriment des citoyens et des salariés. Les avancées réalisées en Europe de l’Ouest depuis 1945 avaient conduit à une situation hybride, où le marché était en partie régulé à la fois par les politiques macro économiques, le code du travail, les services publics démarchandisés, une fiscalité redistributive et la protection du consommateur et du citoyen. Ce cocktail faisait l’affaire de tous, et l’essentiel de la lutte des classes comme du combat politique consistait à déplacer un peu la ligne de démarcation dans un sens ou dans un autre. Dans tous les cas de figure la guerre froide interdisait tout changement radical, car personne - et surtout pas le PCF- n’aurait pris le risque de mettre en péril l’équilibre de la terreur.  Le projet néo libéral, dans les dernières années de la guerre froide, était de mettre à bas cet édifice, entreprise à laquelle la « deuxième gauche » a puissamment contribué à partir des années 1980, au nom de la lutte contre le « totalitarisme » étatique.

On mesure le chemin parcouru depuis la grande régression des années 80 par  les héritiers de la « deuxième gauche » à la tête du  PS et de la  CFDT, quand on les voit s’attaquer au code du travail, prôner la flexibilité, et mener des politiques économiques réactionnaires, d’inspiration monétariste, conduisant au déclin social et au chômage de masse.

 

Le deuxième point soulève concerne le rapport entre action politique et mobilisations en dehors de cette dernière. On ne peut que souscrire à l’idée que, au fond, la convergence de l’action politique et des mobilisations est naturelle, surtout dans un pays comme la France. En effet, chez nous, l’action revendicative se termine souvent par un recours à la médiation politique, sans laquelle les « partenaires sociaux » peinent à aboutir à des accords. Il est significatif que l’expression journalistique utilisée pour qualifier une vraie négociation nationale soit … « un grenelle », du nom de la rue où s’est négociée la fin du mouvement de mai 68, sous l’égide du premier ministre George Pompidou. Rappelons que l’anti étatisme de la « deuxième gauche » est tel qu’elle préfère souvent les « négociations à froid » sans mobilisation et sans intervention politique de l’Etat : cette stratégie bisounours est catastrophique pour le monde du travail, dans un pays qui a le plus faible taux de syndicalisation d’Europe. Mais construire un arc en ciel n’est pas si facile.

D’autres pays ont vu des mouvements « sociétaux » intervenir dans le champ politique … mais pas toujours avec bonheur. Les Tea Parties américaines ont mobilisé les éléments les plus extrêmes de la droite, opposés à tout ce qui avait bougé aux USA depuis les années 60, et ont constitué un véritable repoussoir. De même, en France, il n’est pas évident que les diatribes contre le mariage homo d’une furie dépoitraillée, aux traits creusés par on ne sait quelle addiction,  ainsi que  les prières de rue par d’ illuminés accompagnés de leurs gosses aient servi la cause de la droite. Il est même arrivé que l’opinion se retourne contre certaines grèves, comme celle des croque morts et des ambulanciers en Angleterre en 1978. Une stratégie gramscienne comme celle que propose Timothée Duverger est plus facile à énoncer qu’à construire, pour la gauche comme pour la droite. En effet, ces mouvements  sont par nature autonomes, dans une certaine mesure. Même si des militants politiques y participent, ou les animent, ils ne les dirigent pas. La question du rapport entre partis et syndicats est aussi vieille que le syndicalisme et que le socialisme, et il n’y a pas de potion magique permettant de régler la question. La politique des partis communistes des années 30, travaillant « en fraction au sein des organisations de masse », c’est-à-dire les noyautant n’était pas respectueuse des adhérents, et ne serait pas acceptable.

Le PSU – encore lui !- avait inventé un concept après 68, celui d’une « organisation politique de masse », qui ne serait pas un parti au sens classique, mais qui regrouperait des militants d’origine diverse, unis autour d’une dynamique de changement radical. Une fois la dynamique perdue dans les sables des plages estivales, l’organisation de masse se retrouva bien dépourvue lorsque la bise fut venue.

Il est donc clair que seul un ciment idéologique peut donner cohérence à l’arc en ciel. Les convergences ne peuvent avoir de sens que si une dynamique est partagée, par delà les contingences tactiques ou les patriotismes de boutique syndicale. Une fois de plus, facile à dire. Prenons un exemple : la laïcité . Où faut il placer le curseur entre les musulmans militants et la République ? Certains, dont je suis, sont partisans d’une interdiction totale des signes religieux ostentatoires dans la sphère publique, donc, par exemple, de l’interdiction du foulard islamique dans la rue en France. D’autres, pour s’opposer aux groupes  d’extrême droite, sont au contraire en faveur d’une politique multiculturaliste. Ce sujet est  sensible. Il a fait éclater le NPA dans le Sud Est, à la suite du soutien envisagé par  ce groupe à une candidate voilée il y a quelques années, à la plus grande joie du FN.  Il faut donc passer par la médiation politique, qui est la chambre de compensation de toutes les démarches, et parvenir à des synthèses, ou des oppositions claires. Les positions maximalistes de certains militants qui souhaitent prendre les positions les plus éloignées possible de l’extrême droite, et en viennent à soutenir de facto les pressions des islamistes, accepter le voile, voire demander des financements  publics pour l’islam retardent de facto le moment de l’intégration républicaine, et ouvrent un boulevard aux racistes. L’arc en ciel ne peut pas être l’alliance de toutes les radicalités, le point de convergence des plus extrêmes. Il faut donc sortir de cette description de la gauche en termes de mous et de durs, et en finir avec la notion d’extrême gauche, qui n’est qu’un positionnement rhétorique, et relatif. Par ailleurs, la pensée de Castoriadis était marquée par les illusions spontanéistes de l’après 68, cette idée que l’autonomie des différents mouvements allait déboucher sur une synthèse magique, qui s’opposerait aux partis et le déborderait par la gauche. La synthèse exige un intérêt pour d’autres sillons que celui que l’on creuse laborieusement pendant des années, une capacité à faire « un pas de côté ».

En termes politiques, il est évident que la gauche, en  France est confrontée à une situation inédite : le Parti socialiste avait jusqu’alors fonctionné sur la base d’un discours de gauche assorti d’une politique de droite. C’était le cas du « molletisme », pendant les années 1950. Le journal de Guy Mollet avait beau s’appeler « la lutte des classes », c’est bien lui qui a engagé la France dans la lamentable aventure de Suez, aux côtés des conservateurs britanniques, et demandé à la Chambre les pleins pouvoirs pour mener une guerre totale contre l’indépendance algérienne. François Mitterrand fonctionnait selon les mêmes principes. Au programme du congrès de Metz, totalement inspiré par le Ceres de Chevènement et de Motchane, succéda la rigueur, et l’alignement de la France sur les thèses néo libérales et les politiques monétaristes à partir de 1983- sous la houlette d’un certain Fabius. Aujourd’hui, Hollande et ses amis revendiquent leur politique, font de la résorption des déficits publics et de la baisse du coût du travail l’objectif prioritaire et de l’alignement sur les politiques de la BCE et de l’Allemagne leur philosophie, malgré quelques appels rituels à la croissance. Il est clair que des pans entiers de l’électorat socialiste et des militants refusent de toute leur âme cette soumission totale à la logique du marché. Qu’il s’agisse de relations professionnelles ou d’écologie, la ligne menée par Hollande et Ayrault n’a vraiment rien qui puisse séduire électeurs et militants de gauche.

Face à cette situation, trois courants politiques sont à la recherche de la synthèse sans laquelle aucune offensive ne sera possible. Il est trop pour dire si la belle aventure du Front de gauche sera couronnée de succès, car les obstacles sont nombreux. En tout cas, il constitue une belle tentative de remettre la culture communiste en phase avec les enjeux politiques réels. Stérilisé par la guerre froide et par l’impossible analyse de l’expérience soviétique, dont le bilan fut « décrété positif » avant même d’avoir été entamé, le courant communiste commit sous la présidence de Mitterrand l’erreur d’envoyer des ministres dans un gouvernement dont il n’approuvait pas du tout la politique, pensant que, dans leurs secteurs au moins, ils feraient pencher la balance dans le sens des salariés. Il manqua ne jamais se remettre de cette faute, et brouilla durablement son image, ne laissant de cette ligne que le souvenir du souriant mais angélique Robert Hue. L’alliance des héritiers du  communisme, de secteurs critiques du socialisme français, de militants associatifs en quête d’une vraie efficacité politique et de pans entiers de l’écologie est d’autant plus difficile à réaliser que, sur le plan idéologique, le positivisme marxiste traditionnel, axé sur le « développement des forces productives », renforcé par les politiques keynésiennes fondée sur la relance économique et le retour de la croissance est difficile à articuler avec la critique écologique du « productivisme », et la décroissance. Il n’est pas non plus facile de trouver un mode d’organisation qui respecte l’identité des composantes du Front de gauche, et offre aux militants potentiels un cadre organisationnel dépassant les rivalités de personnes ou de chapelle. Quant au Parti de Gauche, il accueille à la fois des militants ayant la culture de l’assemblée générale souveraine, des militants héritiers des pratiques léninistes centralisées, et d’autres (parfois les mêmes)  issus de tel ou tel courant du PS, sans parler des végétariens. Celui qui écrira ses prochains statuts sera le Montesquieu de la gauche. Yes we can !

Cette recherche d’une synthèse est d’autant plus nécessaire à réaliser que  deux autres courants, à la gauche du PS, s’interrogent sur leur devenir. Les Ecologistes, tout d’abord, sont confronté à une double difficulté. La plus évidente est liée bien sûr à leur participation à un gouvernement qui n’apporte strictement rien à l’écologie. A l’instar des ministres du  PCF dans les gouvernements de François Mitterrand, les ministres écologistes du gouvernement Ayrault jouissent certes de l’influence personnelle que leur confère l’appareil d’Etat, mais ne pèsent en rien sur les politiques. Avoir un groupe à l’Assemblée n’a de sens, quand on est au pouvoir, que si on peut  appliquer sa politique.  L’autre difficulté est liée à l’Europe. Les Ecologistes ont fait le pari que la démocratisation des instances européennes était possible, et se sont construits sur la défense de la logique d’intégration. Or, depuis 2008, les politiques de l’Union, loin d ‘apporter aux peuples d’Europe un moyen de desserrer les contraintes internationales, ont consisté au contraire à imposer et renforcer celles-ci. L’UE est un des piliers de la « Troïka », aux côtés du FMI, et ne mène strictement aucune politique allant dans le sens cher aux écologistes. Le désarroi est d’autant plus grand que, en réalité, la conversion de l’aile « libérale/libertaire » des Verts à la construction européenne était aussi un ralliement à la « méthode Jean Monnet ». Pour Jean Monnet, un libéral de centre-droit, il fallait construire d’abord l’Europe à partir de l’économie, et faire intervenir la politique uniquement dans un second temps. Cette idée pragmatique a d’un côté réussi mais aussi dominé et marqué l’identité même de l’Union, qui est une machine destinée à faire fonctionner le marché beaucoup plus qu’une instance libératrice ou régulatrice au service des hommes. Or l’idée libérale régresse chez les écologistes. L’idée que la transition écologique va nécessiter non seulement d’encourager les initiatives des « capitalistes verts », qui , bien que capitalistes, sont tout de même préférables aux gris, mais aussi de mobiliser les ressources des Etats pour imposer des normes en matière de production comme de diffusion des biens de consommation, réorienter la politique énergétique et les choix en matière de transports est aujourd’hui largement partagée. La transition écologique  ne se fera pas par l’addition de boites à compost individuelles ou de conversions  vertueuses, mais uniquement si les Etats interviennent massivement avant qu’il ne soit trop tard. Au fur et à mesure que l’urgence écologique se fait plus pressante, l’anti étatisme que cultivaient certains écolos recule, ce qui offre la perspective de fructueuses alliances avec le courant socialiste. Le slogan du Parti de Gauche  de « planification écologique » a un certains fumet passéiste, car parler de planification fait hurler de rage les néo libéraux, mais l’idée est bien celle d’une mobilisation collective des sociétés, via les Etats.

Quant aux militants socialistes eux-mêmes ils sont en fait nombreux à souhaiter l’abandon de la politique économique et sociale de Hollande et Ayrault. Il ne serait ni respectueux ni utile de distribuer critiques ou encouragements à ces courants,  mais on voit bien que l’avenir est extrêmement ouvert. Certains caressent encore l’espoir d’infléchir la ligne dominante, ce qui, au point où nous en sommes, est très probablement totalement irréaliste. D’autres adoptent, comme beaucoup avant eux, un positionnement purement rhétorique, sorte de coquetterie originale dont la seule fonction est de les servir dans la dure lutte des places interne au parti. Mais ce qui retient la plupart des militants de faire le pas d’une rupture politique franche avec les socio libéraux qui nous gouvernent, c’est l’existence de la droite. En effet, la droite française n’est pas nécessairement la plus bête du monde, car la concurrence est rude, mais elle est caractérisée par une haine de la gauche assez difficilement compréhensible. On a du mal à comprendre, surtout à l’étranger, comment ce pauvre Hollande, ou le rusé tonton, ont  pu  susciter des discours aussi agressifs de la part de la droite, dont ils appliquent pourtant la politique, à quelques exceptions près. Il ne s’agit pas de haine sociale, car l’énarque  comme l’avocat sont des notables, et  n’ont pas grand-chose à voir avec les classes populaires, mais de quelque chose de symbolique et qui remonte sans doute à la Révolution. L’impression  qu’un pouvoir se réclamant de la gauche ne saurait être légitime, même s’il gagne les élections, et qu’il est entaché d’on ne sait quel  péché originel (le  régicide peut être ou la fin du monopole de l’Eglise catholique ou l’absence de déférence à l’égard des puissants ?) est inscrite dans le patrimoine génétique collectif de la droite française, ce qui n’obéit à aucune rationalité.  Une fraction de la droite, poussée par l’esprit de revanche,  est même allée jusqu’à trahir la Nation en 1940 et recourir aux méthodes les plus extrêmes. C’est la conscience de cette haine qui a amené des dizaines de milliers de Français à rejoindre le PS au fil des ans  et à en faire une machine électorale redoutable. La seule fonction du PS n’est d’ailleurs pas de gouverner à gauche, mais de gagner les élections contre la droite – ce qui n’est pas une mince affaire. L’affectivité et les outrances des opposants au mariage gay, qui semblaient accorder à une réforme certes moderne mais sommes toutes mineure une importance historique a puissamment servi la direction socialiste, en recyclant les fantômes d’une droite cléricale, allumée, tournée vers le passé, peu respectueuse des normes constitutionnelles, tentée par la violence, voire abritant dans ses marges des bandes fascistes.

Le combat droite/gauche traditionnel est à la fois un vrai combat et un jeu de rôles facile. Les hésitations et les difficultés du PCF et du Front de gauche à l’approche des municipales sont parfaitement compréhensibles, dans ce contexte. Comment à la fois porter une parole forte contre la politique social libérale, et éviter de faire le jeu de la droite ? La situation diffère d’une commune à une autre.

Il est clair que la gauche française comprend à la fois une aile social libérale, dominante aujourd’hui et une aile plus égalitaire, plus sociale et plus consciente des enjeux écologiques. Il est non moins clair que la gauche n’accède et ne se maintient au pouvoir en France que lorsqu’elle parvient à s’unir sur des bases politiques, c’est-à-dire sur la base de compromis réels. Une union avec un PS social libéral dominant ne représente strictement aucun intérêt. L’expérience des ministres communistes de Mitterrand et des ministres écologistes de Hollande est là pour le démontrer. L’urgence actuelle est de réaliser l’alliance des forces politiques rejetant le social libéralisme, sans aucune exclusive, des courants de gauche du PS jusqu’au Front de  Gauche en passant par les écologistes, et d’articuler cette alliance politique avec les différents mouvements sociaux et sociétaux : luttes revendicatives, mouvements laïques, féminisme, mouvements anti racistes, luttes écologiques, LGBT etc. Articulation ne signifie ni noyautage, ni soumission, mais dialogue, respect mutuel, solidarité, ouverture idéologique et politique à de nouvelles perspectives, capacité d’évolution.

L’union sera-t-elle un jour possible avec les socio libéraux dans le cadre d’un programme de gouvernement ? Peut être, si le courant social libéral perdure et ne se dissout pas dans des combinaisons avec le centre, ce qui est une tentation permanente. Pour l’heure, ce qui compte est avant tout de construire l’unité de tous ceux qui se situent à la gauche de Messieurs Ayrault et Hollande, et nous sommes très , très nombreux.

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Blondin 09/10/2014 00:39

Les grands idéaux c'est bien, les appliquer dans la vraie vie c'est mieux.

A quelques-uns l'arrogance tient lieu de grandeur...

tartinoman 30/05/2014 18:16

j'ai beau etre de gauche, je n'ai pas eu le courage de lire cette tartine... aérez svp